Pamir occidental
Khorog, la vallée du Wakhan et le Bartang : gorges profondes, villages ismaéliens et vue sur l'Hindou Kouch afghan de l'autre côté du Piandj.
Le Pamir occidental est la partie que nous conseillons en priorité aux voyageurs qui ne feraient qu'une seule incursion dans le Haut-Badakhchan. C'est là que le paysage est le plus habité, que les rencontres sont les plus faciles, et que la route longe la frontière afghane sur des centaines de kilomètres, dans un décor de gorges spectaculaires.
Khorog, capitale du Pamir
Khorog est une ville tout en longueur, coincée entre la rivière Gunt et des versants abrupts. Elle n'a rien de monumental, mais elle joue un rôle essentiel : c'est ici que se règlent les derniers détails du permis Pamir, qu'on trouve les meilleures connexions internet de toute la région, un bon marché de fruits et légumes, et quelques cafés tenus par des jeunes ouverts sur le monde. Le jardin botanique, l'un des plus hauts d'Asie centrale, mérite une visite pour la vue plongeante sur la ville.
La vallée du Wakhan
Depuis Khorog, la route sud remonte le Piandj, qui marque la frontière avec l'Afghanistan. On passe successivement par Ishkashim, puis on entre dans le Wakhan proprement dit, corridor étroit dominé au sud par les sommets de l'Hindou Kouch afghan. Les villages, Yamg, Vrang, Langar, sont construits en terre et en pierre, entourés d'abricotiers et de champs de blé, avec en toile de fond des sommets à plus de six mille mètres. On y visite des forteresses en ruine, comme Yamchun, des sources chaudes (Bibi Fatima), quelques mausolées ismaéliens et un petit musée d'astronomie improbable à Yamg. La bascule finale vers le plateau se fait par le col de Kargush, piste de haute altitude qui rejoint la M41.
La vallée du Bartang
Plus au nord, le Bartang est l'itinéraire alternatif pour ceux qui recherchent quelque chose de plus sauvage. La piste, étroite et régulièrement coupée par des glissements de terrain, remonte la rivière du même nom depuis Rushan jusqu'aux abords du lac Sarez. Les homestays y sont plus rares, la logistique plus incertaine, mais l'atmosphère de bout du monde y est incomparable. À réserver aux voyageurs qui ont déjà l'habitude de circuler dans des zones peu équipées.
Circulation, hébergement, saisons
De Douchanbé à Khorog, comptez au moins deux jours de 4x4 partagé par la route sud, une longue journée par la route nord via Kulob. En descendant sur le Wakhan et le Bartang, les distances sont courtes en kilomètres mais lentes en heures. L'hébergement se fait presque exclusivement en homestay, dans les maisons traditionnelles pamiries à cinq piliers, dont l'organisation intérieure raconte à elle seule la spiritualité ismaélienne. La bonne saison va de fin mai à début octobre. En hiver, la route reste ouverte mais les cols de bascule vers l'est peuvent fermer sans préavis.